L’Inde du nord est étendue, topographiquement contrastée et donc sujette à des grandes variations climatiques. Le pays connaît trois grandes saisons : fraîche, chaude et humide (celle des moussons).
La saison fraîche démarre aux alentours du mois d’octobre lorsque la mousson a pris fin dans toutes les régions septentrionales de l’Inde. La fin des pluies, lorsqu’elle intervient prématurément, comme souvent au Rajasthan, courant septembre, peut être suivie d’une vague de chaleur humide. La saison fraîche ne succède dons pas immédiatement, sans transition, à la période des moussons. A l’exception des régions les plus élevées de la chaîne himalayenne, Ladakh et Zanskar, très difficilement praticables entre octobre et avril, la saison fraîche qui s’étire d’octobre à mars, est la meilleure période de l’année pour voyager en Inde du nord. Décembre et janvier sont marqués par une amplitude thermique importante entre le jour et la nuit à l’ouest de l’Inde du nord (Delhi, Rajasthan, Gujerat) qui engendre parfois pluies légères et brouillards de matinée. La partie orientale connaît un climat moins continental, plus tropical.
La saison chaude est la plus courte du cycle. Elle débute d’abord progressivement, dès la fin mars, par un réchauffement régulier des températures qui reste très supportable jusqu’à la mi-avril. Au-delà de cette période, le mercure franchit fréquemment les 40 °C au Rajasthan et à mesure qu’on descend vers les régions centrales de l’Inde (Etats du Madhya Pradesh, de Chatisgarh, et du Jharkand). A cette période, il est préférable de quitter les plaines pour s’aventurer dans les collines, au Sikkim, en Assam, en Himachal Pradesh.
La saison humide : les changement climatiques liés à l’arrivée des vents de moussons commencent à se faire sentir dès la fin du mois de mai, rendant l’atmosphère électrique et difficilement supportable. Chaleur, humidité et basses pressions donnent lieu à des orages très brefs, à des bourrasques de vents chargés de poussière ou de sable (au Rajasthan, au Madhya Pradesh). Les pluies de mousson progressent du sud-ouest vers le nord-est. Bien que constituant un phénomène climatique récurrent, elles sont fortement aléatoires. Elles n’ont quelle que soir leur intensité, rien d’un déluge ininterrompu. Après les grandes chaleurs du mois de mai et de début juin, elles contribuent à apporter quel que peu de fraîcheur au cours des longues journées de la saison humide. En dépit des fortes variations annuelles de la mousson, le régime des pluies moyen définit globalement trois grandes zones de contraste. La région ouest désertique est peu touchée par la mousson (d’août à la mi-septembre). La plaine gangétique, bande oblongue que couvrent les Etats l’Uttar Pradesh et du Bihar, connaît une forte pluviométrie de la mi-juin à la fin septembre. Enfin, les contreforts himalayens et les états côtiers de l’Est (Bengale, Orissa), à l’instar de la côte sud-occidentale du sous-continent, région de l’Inde la première à être touchée par la mousson, sont marqués par de très fortes précipitations de juin à septembre.
La relative proximité du sous-continent avec l’équateur fait que les heures de coucher et lever du soleil varient moins d’une saison à l’autre qu’en Europe. On ne pratique pas l’heure d’été et donc les journées se terminent plus tôt pendant la saison de moussons.
L'hindouisme se caractérise au nord comme au sud par une diversité de dieux, sanctuaires et pratiques unis par les mêmes schèmes culturels d’une grande civilisation : la fameuse « unité dans la diversité » selon la formule de Jawaharlal Nehru, ancien Premier Ministre de l’Union Indienne, père d’Indira Gandhi et disciple nuancé de Gandhi. On mentionnera quelques fêtes majeures célébrées avec une grande ferveur dans le nord de l’Inde. Les dates de ces événements ne sont pas fixes. Axées sur un calendrier combinant cycles lunaire et solaire elles changent chaque année :
Diwali ou Dipavli ou « festival hindou des lumières » se tient chaque année entre septembre et octobre. Célébrée par tous les hindous, elle honore les instruments de travail, les symboles de vie. D’un point de vue liturgique, elle célèbre le retour du roi Ram (incarnation de Vishnu) dans sa capitale d’Ayodhya (dans l’Etat actuel de l’Uttar Pradesh) après un long exil au terme duquel il tue le démon Ravana sur l’île de Lanka. Cette fête est considérée comme de bon augure pour les affaires. Chaque recoin des maisons et particulièrement de leurs façades sont illuminées avec des petites chandelles (Dipa ou Diya) de beurre clarifié afin de gagner les faveurs de Lakshmi, la déesse de la richesse.
Holi : Fête de l’équinoxe de printemps et fête des couleurs. Célébrée entre février et mars et dédiée à Krishna, elle marque à l’origine la célébration d’un ancien culte de fertilité et du renouveau de la vie associé au cycle des saisons. A cette occasion, les hindous, quelle que soit leur appartenance de caste, s’aspergent abondamment de poudre et de liquide colorés. L’intense brassage intercommunautaire suscité lors de cet événement lui fait prendre aussi le nom de « fête du cœur ». Dans les campagnes et aux croisements des avenues des quartiers des villes grandes et moyennes, la nuit précédent Holi, on brûle une effigie représentant la démone éponyme Holika pour commémorer sa destruction par le dieu berger Krishna.
Gangaur : fête hindoue propre au Rajasthan. Célébrée entre les mois de mars et avril, en l’honneur de la parèdre de Shiva, Gauri, divinité de l’abondance, elle donne lieu à des processions de chars portant des effigies de bois et à des cortèges de femmes en direction des principaux réservoirs pour y immerger les représentations des dieux.
Moharram : Fête musulmane chiite célébrant la mort de Hussain, gendre du prophète Mahomet qui eut lieu en 680. Cette fête qui marque aussi une période de jeûne s’achève avec des processions de chars portant des « taziya », grandes répliques réduites, colorées et scintillantes du mausolée de Hussein.